La Sénane 2023

Sénane 2023

L’Association « Voiles en Cap Sizun » vous propose une régate le 27 mai 2023, autour de l’ile de Sein.

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Mise en service des profils bilingues

Bonjour à tous,

J’ai mis en service une nouvelle version des pages de connexion et de profil, qui sont utilisables indifféremment en français ou en anglais.

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Bonne année 2023 !

Chers amis

Le bureau de l’AIP vous souhaite une superbe nouvelle année de navigation. Que les vents vous  soient favorables sur nos magnifiques bateaux !

Le nouveau bureau, nommé à l’issue de l’Assemblée Générale de décembre, s’est déjà mis au travail. Nous avons le plaisir cette année d’accueillir deux nouveaux membres : Henri Gourmelon qui aura cette année la responsabilité du Rassemblement de Tréboul-Douarnenez et Xavier Rouault qui va nous proposer de nouveaux bons plans réservés aux membres de l’AIP. Agnès Gach, Claude Nos, Claude Bailly et notre ami Italien Giuseppe Denti complètent désormais l’équipe des toujours fidèles Benoit Le Masson et Emmanuel Liron.

Début février vous sera présenté les  dates des quatre rassemblements Pogo dont une réunissant des Italiens et des Français, des formations hivernales à terre, des dates de régates où des Pogo pourront participer, la date de notre croisière de printemps qui fera route cette année vers les Acores et bien sûr nos bons plans AIP 2023 !

Mais notre équipe ne saurait être complète sans la participation des autres membres de l’AIP ; c’est-à-dire vous… Aussi je vous invite à rester solidaires en renouvelant votre adhésion sur notre site, faire la promotion de nos activités et nous faire part de vos souhaits.

D’avance je vous remercie de votre soutien.

Bien amicalement

Xavier Poncet

Ecosse 2022

Notre croisière de printemps Pogo, comme chaque année, nous a réservé quelques surprises ! Nous avions choisi l’alternance : après l’Espagne et le Portugal l’année dernière, cap au Nord. Notre but était, en fonction de la météo de monter le plus vite possible en Ecosse vers Oban et Tobermory pour visiter les Hébrides, si belles. La suite fut merveilleuse… mais quelque peu différente !

  • Les participants : Bruno B. 36 BOOMERANG 2 de Saint-Malo, Thierry G. 8,50 SO WHAT ! de Sainte Marie de Ré, Claude N. 12,50 VENULLUS de Port la Forêt,  Henri M. 30 LéTHé de La Trinité et Xavier P. 30 X-RAY de Lorient Kernevel
  • Le principe habituel : regroupement de Pogo qui n’est en rien une régate, un rallye et encore moins une croisière avec des GO ! A chaque escale nous nous regroupons dans une ambiance festive, voire très festive, pour un debrief de la navigation et l’analyse météo des jours à venir pour définir les objectifs. Nous nous refilons des tuyaux et chacun fait son propre routage en fonction de son logiciel. Très instructif. D’où l’on remarque que certains, quoique âgés (lol,) sont de véritables geeks et maitrisent un nombre impressionnant d’applis très pratiques sur leur téléphone. N’est-ce pas Bruno ?

Partis de Lorient le 14 mai, le premier objectif fut un regroupement à Lesconil après une toute petite journée. Cela nous permet de recaler un minimum de choses  essentielles pour une croisière longue avec pour objectif la sécu en considérant que certains sont en solo : l’autonomie en eau, carburant, moyens de communication satellite, médicaments etc.… Il s’avérera que pour certains, c’était une grande aventure !!! Les révisions confiées à des tiers pour l’hivernage s’avéreront très tôt calamiteuses.

Pour nous retrouver aux Scilly, la météo semble favorable pour passer le Raz et faire une halte à Ouessant. Le principe : mouiller à Lampaul, jamais de NW à SW, est respecté. Sauf qu’après la Vieille, passée sans encombre, il y a pétole… Et là, le moteur de Thierry, parfaitement révisé à la Rochelle se met à fumer… Nous convenons alors après concertation de le laisser, porté par le courant,  rentrer dans la baie de Douarnenez pour réparations. Monter en mer d’Irlande sans moteur est pour le moins  inenvisageable. Thierry, avec son optimisme habituel nous indique : «  ne vous inquiétez pas, je vous rejoindrais en Ecosse ». Oups, cela commence mal et un affreux doute nous envahit. Nous avions tort : avec un 8,50 tout est possible, tout est réalisable.

  • Départ de Lampaul le 16 à 13h30 en duo avec Venullus et son fier équipage, route vers les Scilly :100 nautiques. Trouvons heureusement deux boules de mouillages libres ; ce qui nous convient parfaitement en prévision du gale warning force 8 à 10 annoncé pour le soir… Nous faisons connaissance avec Anne et Bruno B. qui nous ont rejoint de Saint-Malo et allons fêter cela avec notre premier fish and chips ! le 36 est un superbe bateau et son équipage au taquet : à nous l’Ecosse !
  • Le 19 la mer est encore forte mais nous avons du SW. Il faut en profiter. Partis à 16h de St Mary’s pour passer à l’ouest du rail en plein jour nous filons bon train sous gennak vers Dunmore où nous arriverons vers midi. 145nm, belle nave. La météo toujours favorable nous poussera à Greystones après 97 nautiques puis en Irlande du Nord à Ardglass le lendemain. D’où l’importance de bien prendre sa douche discrètement( ?) en duo avec son spi après un affalage trop rapide à notre goût. Naviguer en solo s’avère un métier !
  • Le 22 nous sommes en Ecosse à Campbeltown .YES. Escale très sympa. Ils ont le bon goût de nous proposer un bon restau juste en face du ponton. Parfait. Vivres-lessives et repos.
  • En deux jours nous rejoindrons Carradale et Tarbert en passant par le loch Ranza, notre premier. C’est beau. 2 ris trinquette. Très belle balade, nous sommes sous le charme.
  • 25 mai de Tarbert à Largs en faisant le tour de l’ile de Bute. Partis cool avec 2 ris trinquette. Arrivé au N de cette île nous faisons connaissance avec les vents catabatiques. Ces vents qui descendent de la montagne ont le mauvais goût de ne pas s’annoncer… 43 nœuds heureusement au portant. Un anglais qui voulait faire la course avec X-RAY sous génois seul a peu goûté le phénomène : départ au lof, bateau couché, affalage en catastrophe. Bruno me contacte par VHF : il est bien sûr devant( !) et commence à redescendre. La route se resserre fortement et nous convenons avec sagesse de plier pour passer tranquillement au moteur ce cap dangereux par vent fort et turbulent.
  • Route vers le canal de Crinan. Nous arriverons à Ardrishaig vers midi mais un dimanche. Et là ce n’est pas une bonne pioche du tout. A 15 h nous passerons notre première écluse et puis… c’est tout. Nous sommes bloqués jusqu’au lendemain. A nous les midgees, minuscules moustiques charmants mais écossais affamés ! Quinze écluses plus tard, arrivée à Port Crinan pour faire route vers le S de jura à Lowlandman’s Bay. Seuls. Magnifique. Le passage de ce canal fut une expérience certes intéressante mais nous ne la referons pas. En solo ne jamais laisser un instant ses deux amarres au taquet pendant l’éclusage : certains éclusiers sont fort pressés…
  • 31 mai. Arrivée à Port Ellen à Islay (prononcer : aïla). Grand moment. Nous arrivons sans le savoir le premier jour de la semaine d’Islay : chaque jour de la semaine, une distillerie célèbre ouvre ses portes à tour de rôle pour un open bar. Des moments inoubliables où par exemple des équipages français dont nous tairons les noms, reviendront sur les pontons en super forme et participeront à un karaoké géant pour le grand plaisir de nos amis écossais qui ne sont pas les derniers à faire la fête. Au bout de deux jours notre foie devenant gras, et d’un commun accord nous levons l’ancre pour le Loch Tarbert à Jura. Il faut éliminer.
  • Passons dans le sound d’Islay entre Islay et Jura. Entrée dans la baie de Bunnahabhain en face d’une distillerie (une de plus) mais mal abritée. Nous dormirons finalement en face. Le lendemain nous filons vers Craobh. Grosse découverte : nous avions bien vu sur nos cartos pas mal de sigles comme des vaguelettes. Il s’avère que c’est un signal de danger= courant. Oui mais fort, voire très fort. Le passage entre l’île Elean Mor et Jura risque d’être un souvenir impérissable si vous ne  le faites pas parfaitement à l’étale. Cela peut bien se passer mais… Il s’avère qu’il s’agit du gouffre de Corryvrekan avec des marmites impressionnantes. 3ème plus grand maelstrom du monde. Des vidéos de tout fous emmenant des passagers casqués dans des semi-rigides  sur les bords des tourbillons sont spectaculaires. Et certains paient pour le faire…
  • Si vous voyez 11,7n sur le fond par temps calme : vous y êtes ! Par la suite nous serons très vigilants sur ces sigles et les horaires de marée. Ils  sont indiqués à de nombreux endroits.
  • 3 juin de Craobh à Puilladibraihn. Magique. Nuit au mouillage. Grande balade parmi les troupeaux, passons un champ avec une centaine de lapins peu farouches juste à côté d’un pub dans ce tout petit village. Grosse ambiance. Repartons pour la civilisation vers Oban en passant par le tout petit loch Ellean Dubh. Entrée resserrée mais après, tout simplement magnifique. Peu de voiliers au mouillage. Autre très belle balade, d’abord en annexe, entourés de phoques, puis à terre. Somptueux. Quel calme.
  • 6 juin : belle visite de l’abbaye Saint Colomba d’Iona. Nous apprécions dans le calme face à la mer. Ces orgues basaltiques de Staffa sont certes impressionnants mais il y a infiniment plus beau à une poignée de miles en face. Si vous passez par Dutchman’s Cap vous aurez le souffle coupé : accueillis par des hordes de petits pingouins vous devrez mettre à l’eau votre annexe, faire une grimpette puis avoir le plaisir rare comme Bruno de vous approcher très très doucement à moins de dix mètres de petits macareux. Moment magique
  • 7 juin de Gometra Loch à Tobermory. Les jolies cartes postales de ce petit port avec des maisons très colorées s’avèrent exactes. Ce fut une très agréable étape que nous recommandons. Et ce d’autant plus que la marina d’Oban, incontournable pour des transferts vers les aéroports n’est autorisée que pour deux jours maximum…D’où un repli sur la marina en face à Kerura. Et là bien qu’abritée, c’est plutôt la pampa… Mais une sympathique surprise nous y attend : Henri M. nous accueille au ponton. Propriétaire d’un 30 Léthé basé à la Trinité, se balade en équipage en Ecosse. Tiens donc. Pas très porté sur une adhésion association. Quelques dégustations de breuvages typiquement écossais plus tard et sans doute dans l’euphorie il prendra son adhésion à l’AIP et deviendra membre de l’AIP ! Henri fera avec nous la descente vers la France. Quand à Thierry G. sur son 8,50 que nous avions laissé à Douarnenez avec de gros problèmes mécaniques,  nous recevrons un après-midi un mail inattendu :  « j’arrive !!!! » Nous avons cru à une blague mais après son arrivée improbable en solo aux pontons, nos retrouvailles au bar du yacht club furent homériques … Chapeau Thierry.
  • Nous avions prévu de faire un stop à Oban pour rentrer en France 48h par Glasgow puis ensuite de retourner visiter les îles Hébrides avec un nouvel arrêt à Tobermory. Emmanuel notre excellent webmaster nous avait fait saliver … Mais cela c’était avant…
  • Après une visite de Glasgow pas folichonne après nos semaines magnifiques près de la nature, il a fallu se rendre à l’évidence : les conditions étaient pourries. Bruno et Anne sous la pluie et le vent avait  fait un séjour en face de Tobermory dans le loch Aline et rien d’autre en huit jours. Bref la cata.
  • Premier coup de vent, deuxième. Conseil de guerre : les fichiers météos sont exécrables pour les prochains jours. Monter sur les Hébrides est inenvisageable. Peu ou pas de marinas pour s’abriter. C’est certainement très beau mais par baston ? Après réflexion, nous convenons de redescendre tranquillement en se protégeant des îles. Mon petit fils de 16 ans me fera la joie de faire avec moi les mille milles du retour et sera décoré par Anne du macareux d’or !
  • En général en mer d’Irlande le vent dominant vient du SW puis il vire au NW. Cà c’est dans les livres. Nous aurons quatre dépressions successives et aucune bascule nous permettant de faire du portant. D’Oban nous descendrons à Tarbert Loch à Jura toujours en faisant attention aux Dangerous Tidal Streams  puis prendrons un coffre à Gigha Island avant de rejoindre Rathlin en Irlande du Nord.
  • Nous sommes le 17 juin et cela ne s’arrange pas. Arrêt au port de Glenarm puis Carrickfergus au NW de Belfast. Passage par le loch Strangford puis Carlingford. Entre les dépressions il y a pétole. Arrivée à Dublin à Dun Laoghaire. Accueil tonique à la capitainerie : venant du N nous avions l’obligation de nous annoncer à la VHF. Ce que nous ignorions… Arklow puis Kilmore. Petit port très sympa un peu bondé ! C’est notre quatrième avis de grand frais. Tous les très gros chalutiers sud irlandais resteront bloqués par trois ou quatre à quai pendant quatre jours comme nous ! Dehors cela déménage.
  • 29 juin Un petit créneau s’ouvre à nous. Bruno et Anne envisage avec leur 36 de rejoindre le sud de l’Angleterre. Les deux 30 fileront vers les Scilly. L’arrivée vers l’Angleterre s’avérera difficile. Quand à nous, nous atteindrons les Scilly vers 23 heures après 141 nautiques.
  • Le 3 juillet arrivée à Sainte Marine pour les deux 30 après une halte à Ouessant. Bruno et Anne sur leur 36 font des petits sauts au Sud de l’Angleterre avant de rejoindre Saint Malo. Claude N. avec son 12,50 avait également fait le sud de l’Angleterre avant de rejoindre le premier rassemblement Pogo à Barneville Carteret. Quand à Thierry G. et son 8,50 tout va bien pour lui : ayant de la famille sur Oban, il en profita pour faire un stop bien mérité avant un retour beaucoup plus calme que pour nous.

L’aventure, c’est l’aventure. Ce printemps 2022  nous avions fait route vers le Nord. Au mois de mai prochain ce sera plein Sud ! A bientôt, si le cœur vous en dit …

 

Orca Iberica

POGO 10,50 Boulegan (ex Dranga)

Hervé, après avoir acquis mon Pogo 10.50, a entrepris de l’emmener, depuis Douarnenez, en Méditerranée. Il a rencontré les orques sur son chemin, à la sortie de La Corogne. Il nous raconte ici son aventure, merci à lui. Le bilan qu’il en fait intéressera sans nul doute ceux qui emprunteront cette route…

Enfin en congés, je prends finalement possession du bateau, acheté fin mai, et qui m’a sagement attendu à Port Rhu pendant 2 mois, sous la bienveillante surveillance d’Emmanuel, son ancien propriétaire.

Arrivé le 6 août à Douarnenez, je prends une dizaine de jours pour armer le bateau, faire tous les contrôles d’usage avant une longue route qui doit nous amener à Marseille. Bien sûr la situation avec les orques ne cesse de me travailler, mais mettre le bateau sur un camion pour rejoindre la Méditerranée me parait une honte et une absurdité.

Je décide donc de refaire les pleins en Galice, puis de partir loin au large pour rejoindre Gibraltar en évitant la zone des 150/200 milles où les orques sévissent. Dommage pour la partie croisière atlantique, mais les risques sont trop élevés.

Mon équipage (mon épouse, ma sœur et son ami) arrive le 10 août, et une fenêtre météo se dessine pour le 16. Nous sortons de Port Rhu le 15, et prenons la mer le 16, avec un doux temps breton.

10 nœuds de vent au près, idéal pour faire connaissance avec le bateau. Nous passons le Raz de Sein avec 20 nœuds de NW et 4 nœuds de courant. Pluie et brume pour l’ambiance, le marseillais que je suis n’en mène pas large. A peine le temps de s’imprégner qu’on est déjà au milieu du golfe de Gascogne, au largue sous solent/1 ris à plus de 10 nœuds de moyenne. Puis le vent faiblit et refuse graduellement, jusqu’à nous obliger à faire du moteur, puis du près dans la pétole. Nous arrivons au mouillage à Ares le 19, après un joli bord de spi.

Dans une communication téléphonique avec Emmanuel, je réalise que les orques peuvent remonter jusqu’en Galice, alors que je les croyais plus au sud. Je décide donc de rejoindre Camariñas pour faire les pleins et partir au large.

Le 20 août vers 20h00, à 5 milles au NW de Laxe (43°17’N, 009°03’W), route au SW, alors que nous naviguons au moteur, vent nul, grande longue houle d’W de 5m, nous entendons à la VHF un voilier qui signale au MRCC Finisterre une « interaction » avec des orques. Ce bateau de trouve 2 milles devant nous…

A cet instant, tous mes rêves, à peine réalisés, semblent subitement s’effriter. Nous mettons toutes nos affaires stratégiques dans un grab bag étanche. Le radeau et les gilets sont prêts. J’attends, je veille, je sais qu’ils vont venir. Et bien évidement, 15 minutes après, je les vois arriver, 2 jeunes, 5 à 6 m de long. Je prends les mesures dictées par les autorités : arrêter le moteur et laisser la barre libre dans l’axe, pilote en standby. Je rapporte la situation au MRCC Finisterre.

Cela va durer jusque vers minuit : 4 « interactions » successives.

La première dure environ 45 minutes. Ils vont directement aux safrans, calmement et résolument ; ils respirent tout près de la coque, s’éloignent parfois d’une dizaine de mètres, puis reviennent. Le bateau fait la toupie, des 360 dans tous les sens… Ils s’amusent bien. Je pense que le safran tribord est cassé très rapidement.

D’autres voiliers passant à proximité les distraient quelques minutes pendant lesquelles nous pensons être sauvés, mais ils reviennent à chaque fois sur nous.

La deuxième commence à être inquiétante : le safran tribord cassé ne les intéresse pas. Ils grignotent le safran bâbord jusque bien plus haut que le bas de la mèche : on entend le crissement de leurs dents dans la mousse époxy, les bouts qui flottent derrière. C’est là qu’ils commencent à taper dans la coque, je pense pour essayer d’en attraper encore un peu plus. Les chocs sont violents, le capot du coffre arrière, pas verrouillé, fait des bonds. Des craquements sinistres se font entendre de plus en plus forts. Le mât est ébranlé : j’ai peur de démâter, je blinde le pataras. Je pleure pour le bateau : quelle souffrance !

Ma femme panique, et me supplie de demander assistance. Un bateau se met en route depuis Camariñas pour nous prendre en remorque, Mais je ne suis pas très chaud pour un remorquage sur ce bateau léger avec 5m de houle.

Finalement les orques nous laissent tranquilles, bien avant l’arrivée du bateau d’assistance. Pas d’eau dans les cales, j’arrive à plus ou moins diriger le bateau mais la barre est dure. Je décide d’un commun accord avec le MRCC de rechercher l’abri le plus proche, et d’annuler le bateau d’assistance.

En route au moteur vers le port de Laxe, ils reviennent encore 2 fois. La dernière fois, n’en pouvant plus et n’ayant plus grand-chose à perdre, je décide de continuer à faire route : ils se lassent très vite. Parce que je fais route ou parce qu’il n’y a plus rien à manger, je ne sais pas.

Au mouillage à Laxe, mon épouse débarque pour aller à l’hôtel : trop de stress.

Le lendemain je décide de tenter le tout pour le tout, et de ramener le bateau dans un port équipé d’un travel lift : le plus proche est La Corogne. Le reste de l’équipage me suit.

J’appelle le MRCC, qui me prévient que 2 «interactions» sont en cours devant Laxe, toujours dans les fonds de 150 à 200m. Vers 10H00, nous y allons quand même, au moteur et sans utiliser le P/A, au ras des cailloux que la grande houle rend encore plus effrayants que les orques. L’estomac est noué, tous les sens sont en éveil, le cœur saute dans la poitrine au moindre petit splash le long de la coque.

Mon épouse nous rejoint à La Corogne. L’ambiance sur les pannes est à l’orque, entre ceux qui reviennent cassés et ceux qui n’osent plus sortir du port… Renseignements pris, nous repartons le lendemain pour la marina de Sada, qui semble mieux équipée, avec toutes les commodités à quelques minutes à pied. Très bon accueil : le bateau est sorti 2 jours après.

Bilan : safran tribord cassé et mèche tordue, safran bâbord mangé et mèche tordue. Les 2 paliers bas (roulements à aiguilles) sont cassés, la structure du coffre arrière est cassée/délaminée.

Le chantier Pogo étant en fermeture annuelle, et mon assurance ne montrant aucun signe de faire avancer les choses en Espagne, je me rends vite compte que le bateau ne sera jamais réparé à temps pour arriver à Marseille avant fin septembre. De plus je ne peux pas imaginer retourner chez les orques une fois le bateau réparé… Échec et désillusion ; je décide donc, toute honte bue toute, de le faire acheminer à Marseille par camion….(ce que j’aurais dû faire de Douarnenez)

Les dommages

 

Pour ceux qui sont toujours tentés, voici mes conclusions.

Que faire :

  1. Avant :

    • Les probabilités de se faire attaquer sont très importantes : quand ils sont dans une zone, ils rendent visite à tous les bateaux sur zone.
    • Avant de partir naviguer dans la zone qui va de Tarifa à Ferrol, bien se renseigner auprès de son assurance. Vu le prix que ces petites bêtes doivent leur coûter, il ne serait pas surprenant que quelques exclusions commencent à fleurir dans nos contrats.
    • On ne se renseigne jamais assez : la situation est bien plus sérieuse que ce que j’avais pu imaginer avant. Au-delà d’internet (GTOA), et Facebook (orca attack reporting), le MRCC Finisterre s’est montré très disponible et patient. C’est une bonne idée de les appeler avant d’arriver sur zone pour connaitre la position des «interactions» en cours ou récentes.
  2. Pendant :

Après avoir lu un prospectus à destination des touristes venant dans la région pour observer les cétacés, je me suis rendu compte que les consignes données par les autorités étaient exactement les mêmes pour les humains qui s’approchent des cétacés, et le contraire, comme le cas des «interactions». J’en ai déduit que ces consignes n’ont pour unique but que de protéger les mammifères marins, et pas du tout les bateaux.

Donc, ce qui semble aider  :

    • Faire marche arrière semble les déranger : comme ils ne peuvent pas manger les safrans en nageant en arrière, çà les oblige pour suivre les safrans à s’exposer à l’hélice. Mais pour que ça marche il faut que la mer le permette, et un bateau avec un seul safran et une barre à roue.
    • Certains utilisent des transpondeurs, mais je ne connais pas leur efficacité.
    • J’ai parlé avec certains bateaux qui ont trouvé des gros pétards qui fonctionnent sous l’eau.
    • Il y a aussi la solution de naviguer dans les petits fonds (20m et moins) et qui semble bien fonctionner, mais la côte s’y prête difficilement, surtout à la voile. Et puis il faut bien entrer et sortir de cette zone. Les bateaux sortant de Méditerranée pour les Antilles suivent la côte marocaine jusqu’au Cap Espartel avant de plonger vers le SW : ils préfèrent les pécheurs sans feux, les filets flottants et les garde-côtes aux orques !
    • En tous les cas, si c’était à refaire, je me renseignerais beaucoup plus sérieusement, je ne m’arrêterais surtout pas, et je serais équipé d’éléments dissuasifs.

Et maintenant …

Je mets le mot « interaction » entre guillemets car c’est le vocabulaire utilisé par les autorités. Et je suis assez d’accord que l’attitude des orques n’est pas agressive : seuls les safrans les intéressent. Ni le reste du bateau, ni les gens à bord. Dans notre cas ils ont pris leur temps : 2 fois 45 minutes et 2 fois 15 minutes. Pour le catamaran Black Pearl le 03 octobre au sud de Tarifa dans le DST, l’ «interaction» a duré 2 minutes : les 2 mèches, et c’est «plié».

Pour moi cela ressemble plus à un trouble comportemental, une habitude, plutôt qu’un jeu : ils avaient l’air plus besogneux que joueurs. Mais pour nous humains et plaisanciers, c’est difficile de ne pas employer le mot « attaque ». Pourquoi les voiliers ? Parce qu’ils sont lents, ils ont de petites hélices et de grands safrans en matériaux bien croustillants, une forme qui ressemble à celle de leurs congénères, mais surtout parce que les personnes à bord ne se défendent pas, bien au contraire. La cible idéale !

Ces animaux sont très puissants, intelligents, communiquent très bien entre différents groupes, et savent s’adapter. Leur nourriture se fait rare. En Galice ils mangent les dauphins et les baleines, ils ont décimé la population de requins blancs du cap de Bonne Espérance. C’est maintenant la même chose en Nouvelle Zélande. Que se passerait-il si un jour l’un d’entre eux gouttait un humain, par erreur, et trouvait ça pas mauvais ? Il irait de suite le raconter à ses copains…

Il faut vraiment que les autorités, soutenues et conseillées par les organisations de protection des mammifères marins, trouvent la solution pour protéger les plaisanciers. Seuls ceux qui ne les ont pas vécues trouvent ces « interactions » sympathiques. Les autres feront en sorte que cela ne se reproduise plus. Protéger les plaisanciers c’est protéger les orques.

 

Hervé (Boulegan)

 

Vidéos




Assemblée générale 2022

Convocation à l’AG 2022 de l’AIP

Le bureau de l’AIP vous invite à son assemblée générale 2022 qui se tiendra le samedi 26 novembre dans les locaux de la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer (Cr des Quais, 56470 La Trinité-sur-Mer) à 11h.

Elle sera suivi d’un repas convivial 😊

L’ordre du jour est le suivant :

  • Approbation PV AG 2021
  • Rapport moral du Président
  • Rapport financier 2022
  • Présentation et élection de 4 membres au Conseil d’Administration
  • Perspectives 2023
  • Questions diverses

Je vous demande de m’informer de votre présence en répondant avant le 15 novembre ou de me donner pouvoir (en utilisant par exemple https://www.assopogo.net/lassociation/#contact ).

Si vous ne pouvez pas venir, il sera mis en place une visio conférence comme l’année dernière. Si vous souhaitez vous connecter inscrivez-vous auprès de moi.

Si vous serez présent, je vous demande de me préciser si vous resterez pour le déjeuner.

Enfin et surtout je vous encourage à vous porter candidat (pour devenir membre du bureau) au Conseil afin d’assurer la pérennité de votre association.

Benoît le Masson, secrétaire de l’AIP

Un rassemblement 2022 bien venté

Après quatre années de disette, enfin du vent !

Alors que les années précédentes ont été marquées par des vents faibles voire nuls, cette édition a enfin permis à nos bateaux d’exprimer toute leur puissance. Avec un vent bien établi de 20 à 30 nœuds les Pogo ont plané sans discontinuer pour boucler un parcours de plus de trente milles qui les a menés de Douarnenez jusqu’à l’ouvert du goulet de Brest et retour. Trente milles de glissade et de bonne humeur.

Treize bateaux étaient présents : le 44 du Chantier, deux 12.50, deux 36, un 10,50, un 30 et cinq 8.50, ainsi que Diego, le Bongo 9.60 du Winches Club.

Chaleureusement accueillie par le Winches Club de Tréboul, la fête s’est poursuivie le soir, couronnée par une magnifique remise de cadeaux collectés par Monique et Christian Bouroullec auprès de leurs fournisseurs. Les équipages furent comblés par tous ces cadeaux.

Tous les participants se sont bien promis de se retrouver l’année prochaine pour ce moment si convivial.

rassemblement Pogo Manche 2022

Nous étions 7 pogo  à nous affronter et surtout à nous rencontrer et à échanger.

Le Yacht Club de Barneville-Carteret nous a organisé une belle rencontre.

Dés le vendredi soir, les participants se rassemblent dans le chaleureux local du yacht club pour un barbecue. Les marins locaux sont nombreux (6 pogo sont basés dans le port) et les arrivants sont accueillis avec enthousiasme. Nous faisons donc vite connaissance.

Samedi matin, le départ de la régate est donné devant Carteret vers 10H et nous partons pour un grand bord de près par petite brise et grand soleil. Le parcours est simple : laisser Sercq et tous ses dangers à bâbord puis les trois-grunes au retour également à bâbord. Les écarts commencent à se creuser entre les pogo36 et pogo12,50 d’une part et les plus petits d’autre part. Nous arrivons au Nord de Sercq au moment de la renverse de courant, ce qui est très bien pour la suite du parcours. Le contournement de l’île est un peu pénible : il faut tirer des bords dans un vent très faible.  Par contre, les paysages sont magnifiques! Les écarts se resserrent. Puis c’est le retour sous spi. La brise est légère et la ligne d’arrivée encore loin.

Le temps que tout le monde franchisse l’arrivée et rejoigne les pontons, il est 22h. Qu’importe! Le buffet nous attends. Nous mangeons et nous trinquons de bon cœur. Nous sommes heureux de cette superbe journée ensoleillée passée entre pogo.  Bravo au vainqueur : l’équipage de IziPizi.

C’est décidé : nous reviendrons! Le plan d’eau est amusant. Le Yacht-Club est accueillant, les marins sont sympathiques.  A l’année prochaine.

Organisation du 14ème rassemblement Pogo Douarnenez 2022

Rassemblement Pogo Douarnenez 2022

Les samedi 3 et dimanche matin 4 septembre 2022

Admissibilité et inscription

Les parcours  2022 sont ouverts à tous les bateaux des classes Pogo. Le Bongo 9.60 du Winches Club sera aussi de la partie.

Nombre de bateaux maximum trente.

Pour nous permettre l’organisation de cette manifestation, il est demandé de s’inscrire avant le 20 juillet. Au-delà de cette date, les tarifs seront majorés (si places disponibles).

Une inscription ne sera confirmée que lorsque le dossier sera complet (paiement et certificat d’assurance).

Les concurrents n’ayant pas de numéro dans la voile le mentionneront à l’inscription.

Places de port à Douarnenez

La gratuité  est accordé aux bateaux participant à compter du vendredi 2 septembre au soir jusqu’au lundi  5 septembre matin inclus. Si une durée plus longue est nécessaire, on essaiera de trouver des solutions…

La capitainerie fera le maximum pour regrouper tous les Pogo. A cet effet, prendre contact par VHF 9 ou téléphone (02.97.33.59.51) pour l’attribution d’une place.

L’organisation se réserve le droit de communiquer les informations nécessaires à la capitainerie en cas de demande.

Frais d’inscription

Pour participer au Rassemblement, le skipper/propriétaire du bateau devra être à jour de sa cotisation 2022 à l’A.I.P. (15€).

Les frais d’inscription au rassemblement sont de 50€ par bateau pour toutes les séries et quel que soit le nombre d’équipiers, qui sont invités au rassemblement et ne règleront que leur repas.
Inscription à bien vouloir effectuer directement en ligne sur la page https://www.assopogo.net/evenements avant le 20 juillet.

Inscription tardive reçue après le 20 Juillet : bateau 60€. 

Assurance

Chaque bateau participant devra fournir une copie de son certificat d’assurance en responsabilité civile dès la constitution du dossier. Nous avons malheureusement trop de mal à les récupérer.

Bourse des équipiers

Afin que tous les membres adhérents à l’Association puissent participer, même ceux qui pour une raison ou une autre ne pourraient venir avec leur bateau, le Comité Organisateur s’efforcera de les faire embarquer sur les bateaux participants. Nous souhaitons aussi accueillir sur nos bateaux quand ce sera possible des adhérents du Winches Club.

Intendance

Les frais de participation au diner du samedi, au petit déjeuner du dimanche et aux apéritifs des vendredi soir, samedi soir et dimanche midi sont de 25€ par personne. Des personnes n’ayant pas navigué peuvent également y participer. Pour des raisons d’intendance les inscriptions au repas seront closes 8 jours avant le rassemblement. Le règlement se fait de la même manière que pour les frais d’inscription.

Programme

Vendredi 2 septembre

Accueil l’après-midi
Apéro au ponton.

Samedi 3 septembre

9h : Briefing.
10h : Ouverture de la ligne de départ pour le parcours du samedi.
17h30 : Fermeture de la ligne d’arrivée.
19h30 : Apéritif à la Maison du Nautisme suivi du repas des équipages.

Dimanche 4 septembre

A partir de 8h30 : petit déjeuner.
10h15 : Ouverture de la ligne de départ pour le parcours en baie.
13h : Fermeture de la ligne d’arrivée.

Règlement et parcours

Parcours envisagés


Déclaration aux Affaires Maritimes pour ces parcours.

Règles applicables

  • Les règles pour prévenir les abordages en mer (RIPAM)
  • Les règles de classe concernées
  • Courtoisie et bonne humeur

Jauge

  • Chaque bateau doit être conforme aux règles de classe/jauge et armé au minimum pour la navigation à moins de 6 milles d’un abri.

Responsabilité

Chaque équipage participe aux parcours à leurs propres risques. La décision de participer, de continuer ou d’interrompre relève de leur seule responsabilité. L’autorité organisatrice n’acceptera aucune responsabilité, en cas de dommage matériel, de blessure ou de décès, dans le cadre de cette manifestation, aussi bien avant, pendant, qu’après.

 

Le Comité Organisateur constitué, en espérant votre présence !

Très cordialement

Benoît le Masson
Secrétaire de l’AIP