Technique

Amélioration du circuit de refroidissement du Volvo

L’ancien propriétaire m’avait averti: “si le voilier gîte sur tribord, l’alarme de refroidissement du Volvo se met facilement en marche … pas de panique … tu redresses et tu continues!” .

A la fin de ma première sortie comme nouveau propriétaire, j’approche de mon mouillage à la voile (même pas force 1,5, le voilier gîte de 15 degrés), je mets le moteur et 45 secondes après l’alarme se déclenche!

Ok, avec le mécano la situation est vite comprise et une bonne heure après le réservoir du liquide de refroidissement intérieur du moteur a été démonté du moteur (trop bas) et a été remonté plus haut (bien sûr avec de nouveaux tuyaux). Problème résolu.

Coût: 50€.

Photos :

  • Avant : le réservoir jaune blanchâtre est fixé en haut du moteur (à gauche) – mais trop bas si le voilier gite.
  • Après : maintenant le réservoir est fixé bien plus haut à la cloison.

 

Installer un bas-étai sur un Pogo 8.50

Yolo

Il m’a gâté mon précédent bateau (trimaran Corsair Dash 750) avec son petit foc sans recouvrement (sur enrouleur) – je n’ai jamais eu besoin de diminuer sa surface! Mon Pogo 8.50 avec son  génois de 24,8m², 130%, sur enrouleur, demande une autre approche : selon les conditions de la mer, autour de 20 nœuds de vent réel au près (serré), une diminution de la surface de mon génois est conseillée. Mais voilà que le rendement du génois tombe de 100% non enroulé à 60% (mal) enroulé : plis en haut et plis en bas et gros ventre au milieu. Le voilier perd environ un bon tiers de son cap à cause de la mauvaise forme du génois partiellement roulé! Même si je mets le premier ris dans la GV avant de rouler le génois, cela ne fait que retarder de peu la dégradation du VMG.

Mise en œuvre

Mon but est donc de mettre en œuvre un système de foc de brise qui satisfait deux besoins:

  • ça doit fonctionner parfaitement;
  • le tout doit s’installer assez facilement et vite (important en solo, quand le vent monte!).

Parti avec l’étai largable en câble inox d’origine, j’ai vite compris qu’il est trop court (85cm) : pas trop court pour le mettre en tension avec un solide palan installé en dessous (avec la partie courante qui va au winch sur le roof). Mais trop court pour y endrailler un foc à mousqueton qui repose sur le pont sans donner un grand fardage au vent quand il est en mode stand-by.

J’ai commencé par changer le câble inox existant par un bout de Dyneema de 14m, 6mm de diamètre : en haut je place un terminal en T avec cosse inox (vendu par Z-Spars) et une solide épissure (longueur: 50 x le diamètre de l’étai volant). Au niveau du pont je fais passer le Dyneema dans un grand anneau à basse friction (qui lui-même est fixé avec une grande manille rapide à la cadène articulée Wichard à l’arrière de la baille à mouillage). Vient alors un palan à quatre brins à plat pont, lui-même fixé au pied du mât, la partie courante passe par un coinceur et vient au winch sur le roof. Étarquer l’étai volant avec le winch et le palan est alors très facile.

Reste à optimiser tout le reste :

Normalement la trinquette se trouve dans la soute technique (cabine arrière bâbord) dans une housse à 2 zips, un le long du haut, un devant. Dedans se trouve la trinquette pliée en deux sécurisée avec deux sandows avec son jeu d’écoutes déjà sur place. En mode stand-by l’étai largable textile est mis sous tension par un “crochet de drisse de barre de flèche” et un bloqueur d’escalade (attention: craint l’eau salée!), qui lui-même est fixé avec un sandow à la base des haubans. Les deux poulies simples pour les écoutes du génois ont été remplacées par deux poulies violon doubles. Les deux bastaques amovibles s’étarquent par deux palans mobiles.

Comment procéder pour hisser la trinquette?

Premièrement, je libère l’étai du bloqueur d’escalade et j’attache l’anneau à basse friction avec une manille à la cadène à l’avant du bateau (mes expériences avec une manille textile n’a pas été concluante : une fois mouillée et mise sous forte tension, elle était difficile à ouvrir). Je détache le palan (stocké verticalement sur le mât) et je le relie au bout de l’étai qui sort de l’anneau, je passe le bout libre par un coinceur et j’étarque avec le winch.

Deuxièmement, je sors la trinquette sur le pont, j’ouvre le zip du devant, j’endraille les mousquetons et avec une manille textile je frappe le bas de la voile. Je sors les écoutes par l’arrière du sac, je les fais passer dans les poulies violons et je les ramène aux winches dans le cockpit, enfin j’attache la drisse que je mets un peu sous tension.

Troisièmement, je prépare les deux bastaques et je les mets sous tension.

Quatrièmement, je libère la trinquette, je range le sac à l’intérieur, je hisse la trinquette, je borde et c’est parti !

Mettre la trinquette, comme je viens de l’esquisser, est une affaire d’environ 5 à 10 minutes – tout seul, si le voilier ne bouge pas. En route, en solitaire, si le vent se met soudainement à monter, avec vagues et gite, il faut bien un quart d’heure ou plus. C’est pourquoi je prépare le tout, quand j’ai le moindre soupçon qu’il faudra faire du près dans la brise : je mets l’étai largable et les bastaques en service et je prépare la trinquette, qui reste sagement dans sa housse adossée sur le pont en mode stand-by. Seul inconvénient : il faut rouler partiellement le génois quand on veut virer ou empanner, car le bas-étai gêne le passage du génois. Avantage : partant en mode stand-by, la trinquette est hissée en 2 minutes si besoin.

Bilan de la première saison :

Cela n’a d’intérêt que si le foc de brise et son maniement marchent impeccablement et si le tout est vite installé! Il faut donc bien prendre son temps pour trouver ses marques et peaufiner constamment le système.

Il ne faut pas hésiter à préparer la trinquette en mode stand-by avant de prendre la mer. Savoir que l’on peut la mettre en marche dans très peu de temps est très sécurisant.

Dans la brise, ma trinquette de 11,60 m² me permet un VMG digne du voilier et offre un très grand plaisir à la voile! Pour le près serré, je passe l’écoute entre galhaubans et bas haubans. Le fait que le centre de voilure soit bas et rapproché du centre du voilier est un atout considérable. Par prudence j’ai fait mettre un ris dans la trinquette au tiers de sa surface. En plus, je pourrai – en cas de catastrophe – frapper mon tourmentin.

Coûts : trinquette/ORC: 600€ + soute de pont: 250€ + Dyneema et petite pièces: 200€ = 1.050€.

 

 


En réponse à Xavier :

Je vous joint toutes les photos que j’ai de la housse et je vous attache mon petit plan pour le taud et ses mesures. En tout cas je vous conseille de déduire les dimensions à partir de la voile que vous allez utiliser. Mon idée est de plier la trinquette en deux pour la mettre dans la housse (et pour la ranger dans le voilier facilement). Je fais glisser la housse avec la trinquette entre mat et haubans. Avec un seul sandow, c’est assez bien fixé et à l’abri.

Un guindeau sur le Pogo 8.50

Vu que mon Pogo 8.50 sera basé en Mer Ionienne, Grèce, où l’usage du mouillage est un souci quotidien, je décide de faire installer un guindeau électrique. Il devra gérer mon mouillage qui se compose d’une chaine de 8mm de 50m de long et d’une ancre Spade de 15kg. Mon choix se porte sur le Quick Prince DPL 700W pour trois raisons :

  • avec un barbotin horizontal, la longueur de contact chaîne-barbotin est approximativement deux fois plus longue qu’avec un barbotin vertical;
  • l’encombrement du guindeau sur le pont est faible, car le moteur sera placé à l’intérieur du bateau bien abrité;
  • je pourrai me passer d’un support dans la baille à mouillage, compliqué à faire et encombrant.

Installation du guindeau

Sur place je passe de longs moments à trouver le bon emplacement du guindeau : juste au-dessus de la cloison cabine – baille, afin que la chaine puisse bien s’écouler dans son puits et que les boulons de fixation du guindeau traversent le pont dans sa partie horizontale – une précision au millimètre près. Je m’aperçois au dernier moment que le gabarit de perçage fourni avec le guindeau est erroné, car prévu pour un autre modèle de guindeau !

Toute une longue journée, deux mécanos grecs viennent à bord, percent les trous, posent le guindeau, installent une épaisse plaque en CP en dessous le pont légèrement courbé, posent les câblages et installent l’interrupteur et la télécommande à fil. Les deux mécanos me félicitent pour la facilité avec laquelle ils ont pu travailler dans un bateau si sobre. C’est à ce moment que je m’aperçois que les deux batteries “services” sont des batteries de démarrage – lesquels, vraisemblablement, ont été posées à tort dès la sortie du chantier du bateau. Enfin, cela me rassure de brancher le guindeau sur le parc batteries “services”, qui en pratique se compose de deux batteries faites pour des courant de forte et brève intensité (de loin la plus grande consommation de mon parc “services” viendra du guindeau – ça tombe bien !). Le soir tout est installé, testé et nettoyé.

Mon bilan après deux saisons est tout à fait positif : depuis le début, j’ai mouillé environ 50 fois et le guindeau fonctionne à merveille. Le seul mais important désavantage du système vient du fait que le puits de chaîne du Pogo 8,50 est bien trop plat pour que la chaîne puisse s’écouler seule. Il faut donc, au moment de laisser filer la chaîne à l’aide du frein à manivelle du barbotin, surveiller (et aider au cas où) que la chaîne passe sans encombrement dans le barbotin. En remontant ancre et chaîne, il faut impérativement dégager la chaîne continuellement qui a tendance à s’amasser derrière le barbotin … si on se laisse distraire, on risque de bloquer le guindeau. Pour que cela fonctionne bien, il faut trouver ses marques. J’ai enlevé les deux petites charnières qui relient le couvercle de la baille à mouillage avec le pont, afin d’avoir plus de place pour accéder en grand à la baille; je pose donc le couvercle derrière moi, sécurisé par un petit cordage. Avec la main gauche je contrôle la télécommande, avec la main droite je manie la chaine. Mais bien sûr, cette tâche ne peut pas être confiée à quelqu’un d’inexpérimenté ! Pour soulager le guideau au mouillage, je pose un cordage de haute dilatation avec crochet de chaine entre la chaîne et la cadène pour gruter le bateau.

 

 

Amélioration du davier

Restait à optimiser le davier qui est un peu (trop) basique à mon goût. Premièrement, j’ai fait faire à partir d’un gabarit en bois une bascule en inox qui facilite la montée de l’ancre au moment où elle touche le davier. Deuxièmement, j’ai fait faire une sorte de bague qui stabilise l’ancre quand elle est à poste dans le davier. En même temps, – et ça c’est son atout principal – cette bague empêche la chaîne de sauter du davier par mauvais temps. Bascule et bague sont faits sur mesure pour l’ancre.

Bilan

Coûts en 2016 : guindeau avec télécommande: 1.035€ + main d’œuvres avec câbles et interrupteur: 800€ + bascule: 175€ = 2.010€.

Poids: guindeau: 15kg, davier avec bascule: 11kg, câblage (estimation): 18kg, ancre Spade: 15kg, chaîne 8mm 50m: 70kg = 129kg.

Vu mon usage ou le voilier ne se met pas à couple d’un quai ou d’un ponton pendant toute la saison, 2.000€ me semble raisonnable, vu le confort et la sécurité que ce mouillage offre. 129kg rien que pour le mouillage sur une unité de 28 pieds semble beaucoup, trop même. Mais c’est dans le premier force 7 au mouillage qu’on se rappellera : c’est le bateau qui dépend du mouillage!